Avec un chomage a 10% sur fond de crise economique et identitaire, la Russie eprouve une vague de nostalgie inouïe pour les symboles et les valeurs de l’URSS. Les oligarques portes par le gouvernement et les communistes marginalises partagent, malgre des valeurs que tout oppose, un inebranlable patriotisme, un palliatif e la crise et a la perte de reperes : c’est la lutte finale de la memoire. En photo : VALERY VICTOROVITCH, 72 ans, ingenieur en aerodynamique et professeur d’universite, doyen de l’institut du MGU. Ne demandez jamais a Valery s’il regrette la chute de l’URSS, il repondra : ‘ Il n’y a pas de fin du communisme, il n’y en aura jamais…Il n’y a que deux concepts dans le monde, le prive et le commun, nous communistes voulons revenir au bien du genre humain ‘. Valery fait parti des ingenieurs assembleurs de sputnik et du vaisseau de Gagarine de 46 à 60. Pourtant, il est toujours force de continuer a travailler, sa pension de retraite ne s’elevant qu’a 3680 roubles par mois (84€). Mais comptes tenus de ses annees d’enseignement, et des cours qu’il continue a dispenser, le recteur lui accorde une dotation supplementaire de 8000 roubles (182€). Tres difficile cependant de vivre dignement a Moscou a moins de 400€ par mois. Dans son petit appartement communautaire, que dans un autre temps il louait 13 roubles par mois, ce veuf pose en compagnie de sa voisine de pallier, Nina Ivanova Vlasendiko, 78 ans, ex polygraphiste et ardente communiste.

L’ombre de l’etoile rouge

Au coeur de Moscou, on y croise les nostalgiques d’une autre époque. Ils sont de tous les milieux :

universitaires, diplômates, ouvriers, étudiants ou retraités à soutenir leurs convictions pour l’ancienne URSS. Tous subissent aujourd’hui la crise économique mondiale.Ces hommes et ces femmes ont le sentiment de perdre leur identité des vraies valeurs pour cette autre époque que l’on croyait révolue.